Réponse à Pierre Oliver

Le maire du 2ᵉ arrondissement de Lyon est en campagne électorale, et apparemment tous les coups sont permis. Comme je n’aime pas trop être attaqué personnellement, je prends le temps de répondre.image titre

On m’a envoyé une vidéo publiée par Pierre Oliver sur son compte Instagram, dans laquelle il croit montrer une collusion entre l’actuel exécutif municipal lyonnais et un collectif militant, et où j’apparais à plusieurs reprises ; venant d’un type qui ment sur le prix des billets TCL, raconte tellement n’importe quoi que même Lyon Capitale fustige ses « pseudo polémiques créées de toute pièce » et fait campagne avec des anciens du FN, vous comprendrez que je m’agace un peu.

Je m’appelle Charles de Lacombe, j’ai commencé à militer à Lyon en 2018 en rejoignant une organisation qui s’appelait « Alternatiba ANV Rhône » (aujourd’hui Action Justice Climat Lyon) au moment des marches pour le climat qui ont suivi la démission de Nicolas Hulot. Sans faire un CV exhaustif ou un manifeste politique complet, je vais dire que j’ai participé à pas mal d’actions militantes — des manifs à la désobéissance civile, en passant par un procès qui s’est terminé par une relaxe — et que j’ai eu la chance d’être formé à travers de nombreuses rencontres à beaucoup de sujets. J’aurais du mal à me décrire aujourd’hui avec l’étiquette « écolo », et je le dis clairement : je ne suis pas, je n’ai jamais été, adhérent au parti Les Écologistes (ex. EELV) ni n’en suis compagnon de route. Pour autant, j’y ai évidemment des camarades, comme j’en ai dans tous les partis de gauche, dans plusieurs syndicats, et dans bien d’autres organisations.

Faux bitume, vrai mensonge

Ma première apparition dans la vidéo de Pierre Oliver concerne une action qui a eu lieu le 22 mars 2023. Menée par Alternatiba ANV Rhône, c’était une mise en scène au second degré parfaitement assumé : de faux travaux de « dé-piétonisation » de la rue Victor Hugo, pour dénoncer l’opposition de certains élus au projet de Zone à Trafic Limité sur la Presqu’île. On aurait pu faire la même action sur les berges du Rhône ; leur piétonisation dans les années 2000 a suscité les mêmes levées de bouclier, et vouloir revenir dessus aujourd’hui serait parfaitement ridicule. C’est très clair lorsqu’on lit l’article du Progrès au sujet de l’action. Bonus : il y a mon interview complète — j’étais porte-parole pour l’action — et tout ça est expliqué plus longuement (le message, les raisons derrière le choix de ce mode d’action, ainsi que les critiques vis-à-vis du projet estimé pas assez ambitieux).

Contrairement à ce qu’avance Pierre Oliver avec une vidéo tronquée, personne n’a voulu faire croire à l’existence d’un projet de réouverture à la circulation de zones aujourd’hui piétonnes. Ça n’est pas le premier de ses mensonges, et ça ne sera sans doute pas le dernier.

Bobards & garde à vue

Deuxième apparition : devant le commissariat du 2ᵉ arrondissement de Lyon, après le décrochage dans une mairie du portrait d’Emmanuel Macron. Je ne sais plus si la photo montrée date du vendredi 22 février ou du mardi 26. En revanche, une chose est sûre : à ce moment, Grégory Doucet n’est pas une personnalité publique, il n’est pas candidat à la mairie de Lyon et encore moins en campagne. Ce jour-là, il fait simplement partie de celles et ceux qui ont répondu à un appel public, large, pour soutenir une personne en garde à vue, et je l’en remercie — je sais ce que c’est que d’avoir un comité d’accueil à la sortie, surtout quand on vient de recevoir une convocation à un procès. Et effectivement, il y a eu des photos. D’ailleurs je ne suis pas méga présentable dessus, c’est dire le niveau de la mise en scène.

Contrairement à ce qu’avance Pierre Oliver, Grégory Doucet ne s’est pas « fait prendre en photo avec des responsables » d’une association ; mais l’image est régulièrement agitée comme un hochet par des personnes qui aiment bien raconter des bobards. Comme Pierre Oliver, donc.

Les affiches de la discorde

Terminons avec cette histoire d’affiches. Pour l’instant, la seule effectivement réalisée par Action Justice Climat Lyon informait du lancement de la campagne contre Jean-Michel Aulas le 3 février, ça n’est pas exactement un mystère. Les autres montrées par Pierre Oliver dans sa vidéo viennent du projet Jean-Michel Hélas, ça fait plusieurs mois qu’elles circulent et je ne sais pas qui est derrière. Ça vous étonne, vous, qu’il puisse y avoir plusieurs initiatives contre un multimillionnaire qui préfère les paradis fiscaux aux services publics ? En tout cas, ce qui sera fait dans le cadre d’une campagne menée par deux collectifs bien identifiés sera assumé — ça donnera l’occasion à Pierre Oliver de s’énerver pour de bonnes raisons, cette fois.

Concernant les autres allégations de la vidéo, je renvoie au communiqué publié par Action Justice Climat Lyon il y a quelques jours. Rien à ajouter. Pendant que Pierre Oliver se battra contre des moulins qui n’existent que dans son imagination, je vais continuer à bosser avec les personnes qui essaient de rendre la vie meilleure là où elles peuvent.